Je ne connais pas ton nom.
Je ne sais rien de toi, je te croise tous les jours, au même endroit.
Toujours un cordial et réciproque : "bonjour, ça va ?" Regard épuisé, corps affaissé, âge indistinct, franc sourire ou souffrance vive.
Je me sens misérable, parfois, vaguement coupable. Quelques pièces, un salut amical au loin de la main, un sourire chaque jour.
Je n’ose te poser des questions banales, comme dans la vraie vie -au chaud et le ventre plein- qui es-tu ? as-tu des enfants des envies des passions ?
Des questions d’avant
avant la déchéance
avant cette misère là
avant ce vide, ce rien
ce plein de ventre vide
ces yeux plein de larmes vides
vie vide vide de vie
"et pour ce rire, combien de larmes ?"-*
Je te souhaite aujourd’hui une année meilleure, un p’tit bout de croissant chaud.
Une année meilleure... Que ce béton gris... Une année meilleure que l'ombre de ce pont... Une année meilleure que ce trottoir gelé... Je voudrais tellement que quand on prononce "Bonne Année" celà soit vrai... Je n'aime pas les débuts d'années, mais pour toi je voudrais qu'elle soit meilleure...
*phrase de Patrick Besson-un instant d’abandon-inspiratrice de ce texte, dédié à cet inconnu quotidien des grandes villes.






