lui, moi, nous.

defi tertulia

Le nouveau monde

le 14/01/2008 à 10h52

L’éternité n’a plus d’avenir et notre infini se limite à la chaîne rocheuse qui borne notre horizon. Notre médiocrité s’étale à longueur de journée sur les transats fatigués de la croisière de l’ennui. Notre présence est acquise mais se fait encombrante. Nous sommes quelques individus sans vie, sans mouvement, figés dans l’attente d’une hypothétique chaleur qui doit, si j’en crois les propos du Dr Smith, réactiver notre humanité.


Il nous montre l’exemple, chaque jour, vêtu de son immuable complet gris, il expose son crâne luisant aux rayons, affirmant qu’un tel traitement favorise la repousse de ses cheveux disparus au fil du temps.


Madame Newman n’est pas assez vivante pour polémiquer avec Smith. Elle ne dévoile que la peau de son visage. Les radiations bienfaisantes doivent lui assurer un teint hâlé, une peau lisse et sans ride, économiser quelques liftings, toujours selon l’incontestable Dr. Pour le reste, elle abrite sa luxuriante chevelure sous un couvre-chef parasol, un cache-nez rouge s’enroule autour de son cou et sa robe en lainage pervenche n’autorise qu’à ses maigres mollets de sortir à l’air libre.


Son mari, M. Newman, se place toujours un peu en retrait de sa femme, trop content de vivre dans son ombre préservant ainsi sa fragile peau de rouquin.


Leur fille, Sunny, n’est pas en âge de s’opposer, elle vivote sous la houlette parentale, blonde victime expiatoire des brûlures solaires.


Son prétendant John Burn , relégué à l’arrière-plan n’a que faire de ces exercices de rôtissage, réfugié dans la lecture d’un précis de décomposition, seul capable parmi cette petite troupe de momies emmaillotées, d’entreprendre même s’il n’envisage qu’une séduction en règle.


D’attente en attente, à force d’immobilité, l’imagination se stérilise. Il n’est plus question de Nouveau Monde à construire, à découvrir, ou simplement espérer. Notre bande de médiocres se résigne à user ce vieux monde jusqu’à la corde, par habitude, sans surprise. La foi d’un renouveau date d’une époque révolue. Il ne nous reste plus qu’à éteindre la lumière.

Apprendre... Accepter...

le 15/10/2007 à 08h32
As-tu cru que ta vie serais meilleure sous les rayons du soleil d'ailleurs?
As-tu cru que la misère avait un visage différent à l'odeur d'iode?
Croyais-tu que les fleurs étaient plus odorantes dans ton éloignement?
Tu as sous estimé ton droit au bonheur, mais personne ne t'avais dit que le chemin pour y acceder s' il était facile pouvait etre un leurre.
Tu dois encore tomber, pleurer, souffrir.
Tu dois encore apprendre ou sont tes propres limites.
Mais dans cette douleur tu apprendras à sourire pour le bonheur de sourire.
Tu apprendras à tendre la main avec humilité vers les plus humbles.
Tu apprendras à etre plus riche dans ta pauvreté.
Tu marcheras dans la boue pour connaitre le parfum des roses.
Tu apprendras à connaitre le nom des étoiles
Tu apprendras à espérer la pluie quand le soleil sera trop fort,
Et quand tu lèveras les yeux tu verras la lumière qui te pénètreras pour réchauffer ton âme endormie et alors tu n'auras plus à partir car tu auras trouvé l'essentiel...

en apprenant tu comprendras le mot ACCEPTER

Accepter l'inacceptable
Ne rien refuser de stable
Il vaut beaucoup mieux accepter
Que refuser et s'aveugler
Accepter, ce n'est pas renoncer
C'est fermer un livre quand la dernière page est tournée

C'est dire " J'ai appris et je suis plus fort "
Et reconnaître ses raisons et ses torts
C'est faire la paix avec soi-même
Et aller où le Destin nous mène...



Photo de Majalis "résurrection"

tu as changé ma chanson

le 28/05/2007 à 11h57
C'est cette chanson qui m'a inspiré ce texte


Tu as changé ma chanson…

Tu crois que j’ai peur…

Tiré là en plein cœur…

 

Tu as changé ma chanson

Tu n’as pas eu peur,

Tu as fait pleurer mes yeux…

 

Viens je mets une balle, une seule…

Je tourne le barillet…

Lequel des deux appuie le premier…

Tu as peur ?

Pourquoi ?

C’est juste un nouveau jeu…

Il ne fallait pas changer ma chanson…

Aller tu es grand, tu es fort, tu es courageux…

Bon ok j’essaye la première…

« Clic » tu vois je vis, mais ou es t-elle cette balle ?

Aller il reste encore cinq coups, à toi…

Tu trembles ? Bon alors je vais appuyer pour toi…

Pourquoi tu me demandes de m’arrêter ?

Pourquoi ces suppliques…

Tu as changé ma chanson…

Aller fredonne avec moi cette air…

« Ils ont changé ma chanson Mam, moi qui l’avait écrite paroles et musiques »

Aller chante !

Ta voix tremble, tes mains tremblent…

Tu as peur ?

Pauvre petit homme…

Tu as changé ma chanson…

Je l’aimais bien ma chanson…

Elle parlait de mes rêves…

Elle parlait de mes espoirs…

Elle parlait de mes rires…

Elle parlait de mes amours…

Non c’est vrai tu n’étais pas dans le refrain…

Mais tu as voulu te mettre dans le couplet…

Tu as brisé la petite fille que j’étais…

Je t’ai supplié, j’ai pleuré, mes yeux charbons noirs…

Tu me serrais si fort… Tu m’as dit que c’était ça l’amour…

Mais je ne t’aimais pas…MOI !

Bon arrête de pleurer maintenant !

Je ne veux pas de tes pardons, je veux que tu joues avec moi !

Tu as joué avec moi, pauvre petite poupée de chiffon,

Tu as froissé mon corps de petite fille ! Je le gardais pour celui qui viendrait un jour comme dans mes rêves, comme dans ma chanson !

Je vais appuyer, non je ne ris pas…

Tu as changé ma chanson, il faut que je retrouve le refrain…

1.2.3…..  Nous n’irons plus au bois…« PAN »

Ah elle était là la balle…Elle était pour toi…

Tu ne changeras plus la chanson des petites filles

 

Renaitre

le 16/10/2006 à 08h22
A Stéphane

Je m’étire, je sens une caresse, un frôlement sur ma peau c’est doux, c’est chaud. Une lueur traverse mes paupières closes, je ne veux pas les ouvrir, pas encore, Ils ne sont plus habitués à la lumière. Depuis combien de temps suis-je dans ce cocon que j’ai tissé moi-même ?

Trop de temps certainement, enveloppé ainsi je ne pouvais ressentir ni le froid, ni le chaud, je ne sentais plus les mains qui me touchaient, je ne pouvais voir ni le jour ni la nuit, ni larmes ni rires…

Je me suis protégée des intempéries et là je m’éveille doucement tout doucement, mes membres sont engourdis par ce si long sommeil, mes gestes sont maladroit pour m’extraire de ce voile, une main saisie la mienne, elle est douce et pourtant je frissonne, je ne peux lutter, je ne peux retirer ma main. Un chuchotement au creux de mon oreille, un souffle, un apaisement, une voix qui me rassure. Les mains caressent doucement mes paupières comme pour les aider à ôter ces perles de cristal qui se sont cristallisées pour enfermer toute douleur. De nouveau je sens cette sensation oubliée d’une légère brise sur ma peau nue, je la trouve agréable, je souris, dans mon monde en noir et blanc j’ai oublié tout sens…

Les mains m’aident à me lever, moi fœtus depuis tant d’années je suis debout, j’ouvre les yeux, ils me font mal, tout est blanc comme un éblouissement je les referme, j’ai peur, la voix me chuchote « doucement, ouvre les doucement, ils vont s’habituer peu à peu à la lumière », alors tout lentement je les ouvre et je distingue une couleur, quelle couleur est-ce ? J’ai même oublié le nom des couleurs, alors je vois une main qui ramasse cette couleur et qui l’approche de mon visage « c’est vert, la couleur c’est vert… »Il chuchote toujours, je suis étonnée, il a entendu ma pensée. Où suis-je ? Qui est-ce ? Un ange ? Un ange qui m’a tiré de ce si long sommeil il va m’emporter et je n’aurais plus jamais mal, je ne serais plus obligée de me protéger de ces mains qui se sont emparés de moi pour jouer à la marionnette.

Je vois le bout de mes orteils, je les remues, une fleur en corolle, des pétales blanches me chatouille mes pieds, de nouveau la main prend la fleur et il la voix me chuchote « la couleur est blanche et son cœur est jaune, c’est une marguerite ». Cœur, Il a dit Cœur ? Le mien bat toujours « alors je ne suis pas au paradis ? » Je murmure. « Si tu lèves la tête tu verras au dessus de toi le ciel il est bleu, si tu tournes la tête vers la droite tu verras des arbres, si tu tournes la tête vers la gauche tu verras un ruisseau sa couleur est transparente, tu entendras sa musique, tu y verras les poissons nager et si tu la touches, tu sentiras sa fraîcheur, et si tu regardes devant toi…tu me verras.»

J’ai vu le ciel et sa couleur, j’ai vu les arbres et leurs formes toutes différentes, j’ai vu le ruisseau et j’ai écouté son chant, j’ai touché sa couleur transparente, ma main s’est laissée aller à sa fraîcheur, balancée par le courant. Et puis…et puis je me suis décidée à le regarder lui « Qui êtes vous ? », son regard était tendre, étrangement je n’avais pas peur…

« Personne je ne suis personne ». « Mais vous m’avez aidé à sortir de ce cocon que j’avais mis tellement de temps à tisser pourquoi ? ». « Je viens de sortir du mien, comme toi j’ai appris à reconnaître les couleurs, à sentir la chaleur du soleil sur ma peau, le vent comme une caresse, le chant d’un ruisseau, regarder bouger et de nouveau apprendre comme un enfant qui découvre à la naissance le monde ».

Je souris, je venais de naître à nouveau mais dans un autre monde…

La robe de dentelle est restée à terre au milieu des marguerites…


 

Défi tertulia de ce WE dédié à l'homme qui est toujours à mes cotés, celui qui m'as aidé à me mettre debout, qui m'a appris à me connaitre sans me cacher...

Lui encore lui et toujours lui car  je pourrais vous parler de lui durant des heures...


Elise

le 30/07/2006 à 19h47
Le défi de Tertulia de ce week-end



Toujours la même plage, la même mer, un autre été, seulement un autre été…

Ce matin je suis revenu sur cette plage, ce matin à l’aube, juste quand la lune laisse la place au soleil, juste quand le ciel prend des couleurs de feu, juste quand le ciel semble rejoindre la mer…

Juste le bruit du ressac des vagues qui se déroulent inlassablement sur le sable, je me souviens Elise tu me disais « la vie, c’est comme ces vagues, elles gonflent, grandissent, défient les lois et viennent mourir contre les rochers certaines doucement d’autres dans un grand fracas », je ne savais jamais ce que tu voulais dire quand tu me parlais comme ça…

Je me souviens de ton rire Elise, quand tu courais dans ces vagues, quand tu plongeais dans cette eau, de ton rire quand tu voyais mon visage inquiet quand tu t’éloignais trop, de ton rire quand tu venais secouer tes longs cheveux roux sur ma peau chauffée par le soleil, je me souviens Elise comme d’une vielle chanson, je me souviens comme d’un vieux qui radote sa vie des heures durant…Je me souviens, de ta peau couleur miel et de tes taches de rousseur, je me souviens aussi comme tu aimais te hisser sur ce rocher pour dominer cette mer, tu l’appelais, tu la défiais, tu aimais quand les vagues se faisaient plus forte s’écrasant contre les rochers, quand l’écume se faisait rage tu te dressais encore plus haut, tes cheveux au vent, tu riais et tu agitais tes bras comme un chef d’orchestre devant les éléments des courants tumultueux, tu aimais la mer en colère.

J’avais toujours peur que tu ne glisses et de te voir disparaître, happée par son déchaînement, je te suppliais de revenir vers moi, tu te moquais gentiment de moi « non, me disais tu, ne t’inquiètes pas, je vais revenir, laisse moi battre la mesure avec elle, on dit que l’on peut faire taire le feu mais pas l’eau, laisse moi la dompter », Elise tu étais si jeune, tu n’avais aucune conscience du danger…

Un soir alors qu’il faisait nuit tu m’as dit « je vais faire un tour sur la plage, l’air est plus frais » ; « Je t’accompagne » ; « non, j’ai envie d’être seule », je n’insistais pas tu avais l’air si triste, tu avais enfilé un chandail deux fois trop grand, l’on aurait dit une enfant perdue, « Ne t’inquiètes pas » m’as-tu dit en m’embrassant sur la joue.

Le vent s’est levé, les volets claquaient, je m’étais assoupi sur le canapé, je regardais l’heure, deux heures du matin, « Elise ! Elise ! », je montais précipitamment dans ta chambre, elle était vide, la maison était vide, le vent se mit à forcir, je décidais de partir vers la plage, le vent soufflait plus fort que je ne pensais, je fus obligé de me courber pour avancer, la pluie tombait, des éclairs zébraient le ciel.

Sur la plage je criais ton nom, je m’approchais du rocher, tu n’y étais pas, non elle ne pouvait avoir gagné, j’ai crié ton nom encore, encore, je fouillais le moindre recoin de cette plage dans l’espoir de te trouver tremblante, te serrer contre moi pour te rassurer, rien ! Au petit matin, je trouvais sur la plage ton chandail deux fois trop grand trempé, je criais à genoux, je refusais que tu ais voulu encore la défier, non Elise tu ne pouvais pas, pas toi…Après deux jours de recherche, l’on me dit « elle a disparu, nous ne pensons pas la retrouver, si elle est tombée dans la mer, un jour ou l’autre elle la rendra, la mer rend toujours ce qu’elle a prit ». Je suis rentré, épuisé, je suis monté dans ta chambre, sur ta table se trouvait le petit bracelet en argent que je t’avais offert pour tes seize ans, c’était toi qui l’avait choisi, je suis resté des longues heures assis dans ta chambre, je n’ai jamais rien touché, elle devait resté tel que tu l’avais laissé, il y avait toi encore, toi et ton odeur, toi et ton rire, sur ton peigne il y avait encore tes cheveux, chaque jour quel que soit le temps je retournais vers cet plage, j’attendais qu’elle veuille bien te rendre à moi, je montais sur le rocher et je lui criais ma haine.

 

Un matin d’été je reçu une lettre venant d’un autre continent :

 

« Pardon papa, d’être partie ainsi, je devais le faire, tu ne m’aurais jamais laissé partir, je voulais voir d’autres mers, d’autres sables, je voulais vivre, grandir loin de toi, connaître un autre amour, celui de l’amour d’une femme pour un homme. Pardon papa, tu ne voyais qu’en moi une petite fille, pardon papa de t’avoir fait souffrir, je voulais juste être grande, je vais bien, je reviendrai te voir, dis tu me redonneras le bracelet en argent ?

Je t’aime Papa

Elise »

 

Ce matin devant cette mer, je souris, le bracelet en argent dans mes mains, dans deux heures tu seras là, je t’offrirai bien plus qu’un bracelet, l’amour ma fille Elise, juste mon amour.


Le flacon

le 19/06/2006 à 09h33
Texte du défi de tertulia lancé ce Week-end par Maya,
J'avoue que je n'avais aucune inspiration, et puis eurêka, une petite lumière bleue vint éclairer ma lanterne et voici ce qu'il en sortit de mon cerveau.

Image

Jeannette se regarde dans le miroir de la salle de bains, le teint gris, les traits tirés, les yeux cernés, le cheveu terne. Jeannette ne sait même plus quel est son age, elle n’a plus d’age, du moins le pense-t-elle…quel heure est-il ? 5 heures du matin, il fait encore nuit, elle est en sécurité tant que le jour ne se lève pas, un peu comme les vampires assoiffés de sang. Mais ce matin Jeannette est fatiguée, elle n’a plus envie, elle ne veut plus jouer ce rôle, elle a envie de s’étendre, de fermer les yeux, laisser la lumière pénétrer dans la pièce.

Son regard s’attarde sur la fiole poser sur l’étagère, elle ressemble à s’y méprendre à une bouteille de parfum sorti tout droit d’une très grande parfumerie, il est vrai que même l’odeur aux senteurs boisées y laisse croire, la texture du liquide est un peu laiteuse comme pour s’enduire le corps. Seul ce flacon trône sur cette étagère, aucun autre artifice, ni rouge à lèvres, ni mascara, ni aucune crème adoucissante pour le corps.

Jeannette pense qu’elle a promis à Joël de l’appeler ce matin, elle sait qu’il attend cet appel désespérément, c’est ce matin qu’elle doit lui dire sa décision, Joël…son corps musclé, ses yeux noirs, ce sourire si doux, ses mains si tendres dès qu’il l’enlaçait, Joël dont toutes les femmes lui enviait cet amour. Elle savourait, se délectait de leurs regards jaloux sur leur couple, Joël l’aimait elle !!!

Elle soupira, en faîte Joël n’aimait qu’une image, ce qu’elle voulait bien lui montrer, que voyait-il ? Une jeune femme aux cheveux bruns longs et bouclés, aux yeux verts rieurs et malicieux, avec un corps souple et diaphane, voilà comment il voyait Jeannette, il ne voyait pas cette femme sans age.

Il y a une semaine Joël lui a demandé de l’épouser, elle ne fut pas surprise par sa demande, combien d’hommes lui avaient fait cette même demande ? Elle avait toujours refusé, jouant de son pouvoir de séduction, riant de leur candeur et de leur sollicitude. Mais cette fois-ci elle aimait, elle connaissait pour la première fois un véritable sentiment d’amour, Joël et ses rires, Joël et son regard d’enfant l’entraînant elle aussi à regarder pour la première fois le monde avec un autre regard, il lui a appris tellement…

Jeannette regarda de nouveau le flacon, non ce matin elle ne l’ouvrirait pas, ce matin elle s’allongerait et laisserait la lumière pénétrer dans la chambre, elle laisserait les rayons du soleil lui brûler sa peau, elle sait ce qu’il adviendra de son corps au contact de cette chaleur, il se flétrira et ne sera plus que poussière…elle n’avalera pas ce breuvage ce matin pour la première fois depuis trois siècles…

Joël la cherchera, mais Joël aimera un autre jour une femme, une qui n’aura pas une apparence mais qui sera une femme, une femme d’une autre beauté avec une vérité.

Jeannette vida le flacon dans le lavabo, regarda de nouveau le miroir et murmura :

« Au revoir le monde, au revoir Joël prends soin de toi, je ne pourrais veiller sur toi car je ne vais pas auprès de Dieu, j’ai vendue mon âme au diable il y a trois siècles pour un élixir de jeunesse… » 

Elle s’allongea, le soleil commença à pénétrer la pièce…


Les liens

le 06/05/2006 à 21h03
Défi 54 deTertulia

Comme une supplique, comme une prière, moi qui suis à genoux haletante, les mains jointes par ces cordes qui m’enserrent, je te demande de me rendre cet amour, esclave de ce sentiment qui m’enchaîne à toi, il a pris les couleurs de l’enfer. Je suis à terre tu tires un peu plus chaque jour sur cette corde, tu ressers le nœud. Ma raison est sans raison pour tendre encore vers toi mes mains tremblantes dans l’espoir que tu déposes un baiser sur ces blessures, triste illusion d’une étreinte infinie.

Statue de chair au regard froid, je rampe vers toi et te demande de nouveau de me laisser me relever, je sens une lanière de  cuir brûler ma chair, je courbe le dos, juste un souffle, pas un cri, je te demande encore une fois, une dernière fois, de me laisser me mettre debout, l’odeur du sang t’assoiffe tel un requin tu me repousses d’un coup de pied.

Je ne sens plus la douleur de ces cordes, je suis debout les bras ouvert, mes yeux ne sont plus dans le noir, je ne sens plus ni haine, ni esclavage. Je regarde au-dessous de moi, un corps s’y trouve étendu les mains liées, je voudrais bien me pencher vers ce corps, juste pour détacher ses mains, mais je suis comme un papillon qui vient de sortir de ce corps de larve, libre je m’envole…  

 

Tertulia

le 29/01/2006 à 20h28

Le miroir raconte :


 


Tu ne me regardes plus, tu passes devant moi jetant un bref coup d’œil pour replacer une mèche de tes cheveux gris, tu n’aimes plus mon regard sur toi, tu n’aimes plus l’image que tu crois y voir. Tu vois une vieille femme au regard triste et perdu. Mais moi qui te connais mieux que personne, ton compagnon de toujours a qui tu as confié tes plus grandes peines comme tes plus grandes joies, je vais te raconter l’histoire de cette femme, ton histoire.


 


Seize ans, tu as des ailes aux pieds, ton rire est comme le chant de cet oiseau, ta peau est blanche et douce, tes yeux rieurs reflètent toute les étoile du firmament, tu danses avec la vie.


 


Vingt ans, ton cœur se gonfle de joie, tu me souris, je te rends ton éclat de rire, tu tournes et virevoltes devant moi, tu m’interroges « tu crois que je ne fais pas une erreur dis !? Dis moi toi…c’est lui tu comprends, je sais que c’est lui…bon ben voilà que je parle à un miroir moi maintenant !!! Miroir Ô mon beau miroir suis-je la plus belle ? ». Tu me laisses pour courir vers lui, tu vas te marier, j’entends ton rire au loin, oh oui tu es belle si belle…


 


Vingt cinq ans, un enfant à toi, étonnée d’avoir donné la vie, vous êtes trois devant moi maintenant, je vois tes cernes de ces nuits passées à te lever quand il réclame ton sein, mais je te vois heureuse.


 


Trente ans tu le guide pas à pas, tu lui contes de si beaux contes, mon préféré c’est celui ou tu parles de moi bien que je n’aime pas cette reine qui jalouse ta beauté mais l’histoire fini toujours bien. Tu lui apprends à se relever et tu lui expliques que parfois la vie est ainsi, faite d’embûche le tout est de comprendre et d’éviter les écueils, tu lui offres le poème de Kipling « tu seras un homme mon fils », il grandit vite, trop vite, il part visiter d’autres horizons.


 


Quarante ans, Plus que toi et lui devant moi, plus comme avant, je vous vois séparément, je vois ton regard qui s’attriste, je ne le vois plus, je te vois en larmes, tu m’injuries, tu cries, il est parti lui aussi, il est allé danser dans d’autres bras, trouvant les tiens moins doux, moins blancs, moins…tu ne sais plus.


 


Soixante dix ans, Je vois une femme aux heures sombres, aux jours noirs qui regarde son futur avec peur, je vois un regard qui ne se regarde plus, je ne vois plus ces petites étoiles qui illuminaient ma face lisse, les sillons se creusent et ton visage devient amer. Tu penses que la nature est cruelle, mais viens et regarde moi et tu verras une jeune fille qui demeure dans ce vieux cœur


Souviens toi des joies


Souviens toi des peines


Sens la vie en toi


Pense à l’amour que tu as connu


Ouvre les yeux , regarde moi, « tu es belle, tu es la plus belle des femmes qui m’a été donné de rencontrer dans toute ma vie de miroir et même cette méchante reine n’égale pas ta beauté »


Le

défi n°16

le 25/06/2005 à 22h12
Au commencement était le verbe, verbe aimer, celui pour qui on s'émerveille quand il est prononcé au moment tant attendu.
L'émerveillement du premier regard qui s'est fait germe,
l'émerveillementdes premiers mots qui me sont venus.
Je ne savais pas, je ne connaissais pas l'amour, celui qui ne se demande pas, il s'autorise dans le sens ou il vous rend auteur, créateur.
Cet amour qui ne parle pas beaucoup, il se dit avec de multiples langages, celui du corps, il se fait respiration, attente dans le toucher des premières caresses. Un toucher qui ne prends rien qui n'exige rien qui devient confiance à l'agrandissement de soi.
Mais il y a le temps, le temps qui prend son temps, le temps qui aboli, qui permet d'engranger des souvenirs et de nous accorder du désir. Il y a des soirs de lumière ou l'on reinvente, ou l'on redécouvre surpris, emerveillés.
Dans ces moments là je détiens une bribe d'absolu pour distancer la mort, je prolonge l'espace et le temps jusqu'aux rives d'une naissance, je reçois la vie dans les bras du soleil.

Défi N° 15

le 20/06/2005 à 08h32
LETTRE A MON AMANT

C'est la fin de l'été, alors mon bel amant je te laisse cette dernière lettre pour te dire cette aventure étonnante d'avoir était ton amante.
En t'écrivant ce soir, je veux simplement inscrire dans un signe, encore un peu de mon amour. Je veux te laisser dans une trace verser par cette larme de sang les offrandes et les demandes de toi en moi, de moi au plus profond de toi.
Le savais tu?
Je t'ai porté non pas à bout de bras, mais dans ma chair au creux de mon ventre et de mes cuisses.
Je t'ai porté dans mes pensées, dans mes peurs, dans mes projets, dans mes enthousiasmes et dans mes rires.
Je t'ai porté dans mon amour, bien sur.

Je t'ai gardé longtemps, ainsi sans rien dire, presque en cachette, tout au chaud, tout au fond de moi, vivant, en entier, pleins de tous tes possibles.
Tu m'habitais, tu étais cette part de plus que moi qui m'agrandissait jusqu'à l'infini.
Avec des mots silences je t'ai souvent parlé, avec des dialogues muets je t'ai ditle sérieux et la folie de ma tete et de mon coeur.
Avec me yeux je t'ai fais des propositions inavouables,
avec mes émerveillements je t'ai inventé la vie, celle que je voulais pour nous, rien que pour nous.
J'aurais tant voulu t'accompagner dans d'autres roles, dans ta vie.
La déchirure de te perdre est comme un appel sans fin alors je préfère y mettre fin.
Il est temps de te laisser aller, de te laisser sortir de moi.
Ne regrette rien, ne dis rien nous l'avons eue notre histoire d'amour celle que nous voulions différente des autres, nous avons partagé le présent nous n'aurons pas de futur.
Je te fais le gardien de ma mémoire avec tout mon amour apaisé, silencieux et présent.

frustrée de n'avoir pu participer au défi de tertulia je le fais par l'intermèdiaire de mon blog

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