lui, moi, nous.

histoire

Quel poisson !

le 01/04/2008 à 12h51
Cher, très cher,


Comme vous me connaissez mal.
Je vous entends déjà me qualifier de trop sérieuse. Vous ne vous trompez qu'à moitié car je suis effectivement rieuse. Et je n'ai pas attendu le premier avril pour poser des lapins.
Des poissons, dites-vous ? Si vous voulez. Mais vous savez moi la pêche...
Depuis que, près d'un bénitier, on m'a dit que pécher était interdit, que pour la pêche miraculeuse il valait mieux d'autres eaux, je me suis dépêché de fuir.
J'ai orienté mes pas vers un verger. Il y avait là une variété exceptionnelle de fruitiers : des cerisiers remplis de merles rieurs, des poiriers hardis recelant dans leur feuillage des Hélène toutes plus belles les unes que les autres, des arbres de la passion, des vignes en fleurs... J'ai côtoyé les pêchers comme un pêcheur côtoie la rivière, dédaignant les fruits prometteurs et me suis retranchée à l'ombre d'un pommier. Et ce qui devait arriver arriva : une pomme, pas la sublime-tentatrice-luisante-ronde-tendre-appétissante, pas l'oeuvre digne des dieux, inventée par les dieux, non, mais un fruit rongé par le ver sournois tomba sur ma pomme. Et voilà mon nez en compote. J'ai juré sous la douleur.
Péché me dites-vous ?
Pfff ! pécher n'est pas mortel.
Je vous laisse à vos poissons et retourne à mes lapins.
Une abstention de plus, mais une participation.
Bidon, d'accord !
Vous étiez prévenu, je ne suis pas sérieuse.
Cette leçon vaut bien un lapin sans doute ?

Dois-je attendre ?

le 08/02/2008 à 20h22

Attendre, je n’ai fait que ça pendant mon enfance. Sur la première marche de l’escalier ciré, tout près de la porte de l’atelier où la famille entière travaillait.


Attendre, je n’ai fait que ça lors de cette adolescence arrachée. A l’écart dans la cours de l’école, étoile jaune cousue sur belle veste. Caché sous escalier devenu un peu terne, que les bottes s’éloignent.


Attendre, je n’ai fait que ça pendant 2 ans là-bas. Comme si le temps aimait que j’attende, comme si la matière de ma vie n’était qu’attente. J’attends. Que l’odeur des cabinets disparaisse, que les orbites des yeux cessent de se creuser, que les cheminées arrêtent de fumer. En travaillant, j’attends, je fais abstraction tout en observant. Je n’écris pas, non, j’attends pour ça aussi.


Attendre, je n’ai fait que ça au Lutécia pendant des mois. Que certains reviennent.


Attendre, je n’ai fait que ça pendant d’autres mois. Qu’un éditeur édite.


J’ai beaucoup attendu. Fallait que ça sorte. C’est sorti. Vendu. Centaines de milliers d’exemplaires.


Ai attendu sur plateaux télé, tournages de films. N’ai fait que ça encore, c’est là que je suis le meilleur.


Attendu trains, avions, amis en retard aux rendez-vous.


Attendu famille mais pas pu. Mari ou père ne peuvent pas se permettre d’attendre, ne faire que ça.


Ai attendu quoi au juste ?


Qu’on me dise pourquoi j’attendais et pourquoi en attendant je n’avançais pas.


Longtemps cru que j’étais transparent. Et bien non, suis juste voué à l’attente. Ne faire que ça.


Attendre, je ne fais que ça depuis 20h30. J’ai tout préparé. Je vous attendais, je sais faire ça. Je suis doué pour ça.


Vous attendre, je ne fais que ça, 2 heures que ça dure. Je ne peux plus. Vous m’emmerdez. Vous ne respectez rien, pas même un petit sabbat de temps à autre. La nourriture vous attend, ça va être froid et dégueulasse.


A attendre. J’ai eu froid.


J’ai mis mon imper.


J’y vais, je me tire. Vous m’emmerdez, là.


Je saute par la fenêtre. Juste pour vérifier si par hasard, VOUS ne m’attendez pas en bas.


Les larmes d'oignons

le 01/02/2008 à 13h37
Je n'aime pas éplucher les oignons, non je n'aime pas, à chaque fois je pleure et pourtant il y a une raison à ces larmes...

Aujourd’hui j’ai changé de couleur…. je veux parler de mes chers yeux, qui sont passés au rouge vif….En voulant faire une belle tarte à l’oignon, j’ai du en éplucher un certain nombre avant de pouvoir les cuisiner, mais le résultats était prévisible : mes yeux ont commencer à rougir, gonfler et surtout pleurer…..

 

Au moment où mes larmes s’arrêtaient de couler, un petit diablotin, un ami d’Adrien probablement, vint vers moi et me demanda si je connaissais l’histoire de l’oignon, et ce pourquoi il faisait pleurer. Je dois avouer que je ne le savais absolument pas…..Et là il me raconta son histoire.

« Quand j’étais plus jeune, je demeurais en Russie, là bas il y faisait extrêmement froid, et les conditions de vie y étaient très dures.

Une babouchka vivait sur un immense terrain, fort riche, elle exploitait les paysans qui logeaient et travaillaient sur ses terres. Ils payaient un loyer très élevé et elle ne les payait que peu pour leur travail harassant dans les champs.

Beaucoup des ouvriers tombaient malades, à cause du froid, de la faim, et bien d’autres mouraient, sans bruit.

Mais la grand-mère s’en moquait éperdument, elle était égoïste, méchante, mauvaise, avare, elle avait, outre tous ces défauts une santé à toute épreuve, et rien n’aurait rien pu laisser croire qu’elle irait aussi vite de l’autre côté….

 

En Russie, tous les « monstres » humains, criminels et autres avares étaient envoyés dans le lac de feu, un immense lac sans fond et sans fin duquel nul ne pouvait s’échapper.

La vieille femme fut ainsi envoyée dans le lac….On l’entendait hurler et jurer du fond de la Russie, elle hurlait des phrases incohérentes et ne cessait de parler de mendiante et d’oignon, et hurlait plus fort d’autant plus que les lames de feu lui déchiraient le corps.

 

Cela faisait des jours qu’elle croupissait dans l’étang, quand son ange gardien passa au dessus de l’étang…. « Que viens tu faire ici, hurla t’elle, cela fait longtemps que j’attends, petits démon ! » « Modère tes propos vieille femme, tu n’es pas la seule personne que je protège, j’étais au chevet de l’un te tes esclaves, qui se mourait de souffrances atroces, avec ta santé de fer je n’aurai pas pu prévoir, et puis, l’étang de feu, tu le mérites ! »

« Pourquoi le mériterai-je plus qu’un autre ! » hurla la vieille femme « j’ai aidé autrefois une miséreuse qui se crevait de faim, en lui offrant un énorme oignon de mon potager ! »

« Cela ne se peut ?! On n’aurait pas pu passer à côté d’une telle bonne action venant de ta part, vieille ingrate, tes bonnes actions sont si rares…. L’aurait on oublier ? »

L’ange pris son livre et regarda, «  noix, nouille ; oie, oignon, oui, exact, il est vrai que tu avais donné un oignon a une pauvresse, donc cela change, attends vieille femme, je reviens…. »

La vieille continua de hurler, et les damnés qui l’entouraient lui dirent : « L’enfer est déjà bien assez dur comme ça alors pitié taisez vous ! »

 

Le temps s’écoulait lentement, et l’ange ne réapparaissait pas…

 

Des mois passèrent, et l’ange revint avec un énorme oignon entre les mains, « accroche toi vieille femme, il me fallait trouver le même oignon » la vieille femme s’accrocha fort, mais les autres condamnés voyant un moyens de s’échapper s’accrochèrent aux jupon de la femme….  « Lâchez moi »Hurla t’elle, elle bougea et gesticula tant que la tige de l’oignon finit par rompre, et elle retomba lourdement dans le brasier d’où elle ne pu jamais ressortir….

L’angelot, le bulbe entre les mains, sanglota en voyant qu’il n’avait pu sauver la paysanne…. Et depuis ce jour, les larmes de l’ange continuent de couler par nos yeux quand on épluche l’oignon, en souvenir de l’aînée….




Tic tac, tic tac...
Je ne supporte plus ce tic tac dans ce silence, ce tic-tac qui me rappelle ce temps qui passe...
la seconde appartient au passé
la minute présente l'heure au futur

Tic tac autant enlever la pile.
Arrêter le balancier, mais le temps passe… Dans cette interminable attente…
Mon dieu je suis en retard vite ! Il faut que je me prépare, ils vont arriver !

Depuis le temps que je contemple cette horloge ! Je sais que maintenant il est l’heure…

Plus l’heure des regrets… Image flouée du passé…

J’attends…

Je vous attends. Mes enfants

Vous revoir tous réunis encore une fois, la dernière ? Même si je dois perdre mon temps à vous attendre, pour ce qui me reste à vivre..... Vous serez toujours miens.

Jacques, pourquoi n’es-tu pas là ? Ne cherche pas d’excuses, tu es l’aîné, montre l’exemple. Réuni ta couvée, prends ta voiture, mets ta moitié au volant et avale ces kilomètres qui nous séparent. Reviens-moi ! Une mère peut tout comprendre, même ton choix de cette stupide créature qui est devenue ma bru. Je saurai me taire, je ne veux plus endosser le rôle de la belle-mère acariâtre, celle qui rappelle à toutes que la dinde que je viens de cuisiner sera toujours pour ton palais, mon Jacques, la plus succulente, l’incomparable. Le temps n’est plus à l’heure des rancoeurs…

Je vous attends. Mes enfants au son de ce tic-tac, au rythme de ce balancier qui brise le silence, qui égrène les heures qui me font peur…

Anaïs et Barbara, mes jumelles ! C’est mon cadeau de Noël ? Cette hideuse lampe de chevet mais dans quelle sombre brocante avez-vous dégoté cette horreur ? Elle n’a pas dû vous coûter bien cher ! Pourtant vous avez réussi, l’une avocate, l’autre médecin. À propos, Barbara, tu pourras jeter un coup d’oeil à mes jambes, elles gonflent, mauvaise circulation, je présume. Quand je pense que vous vous êtes mise à deux pour m’offrir ce nid à poussière, votre souci d’économie confine à la radinerie, mes petites !

Je vous attends mes enfants, je saurai me taire le temps n’est plus à l’heure des reproches…

Marco, mon tout gros, mon tout beau. Roule jusqu’à moi. Un rien te profite ! Le quintal dépassé depuis si longtemps. Des bourrelets de graisse à déborder de tendresse pour ta maman, la seule qui fait le poids sur la balance de ton coeur.

Je vous attends. Mes enfants. Le temps est à l’heure de l’amour…

Jérémie, à brûler ta vie. Électrique et à toute vitesse, d’un excès l’autre, tu m’oublies, ta mère. Aujourd’hui, je ne vais pas te le reprocher. Pose toi le temps d’un après-midi, autour du repas de Noël. Retrouve tes frères et soeurs. Frêle et si fragile. Je pourrais te câliner encore un peu, dis ?

Je vous attends mes enfants. Le temps peut bien s’arrêter un instant…

Diane, la séduction porte ton nom. Tes grands yeux énamourés, c’est à moi que tu les dois. Coquette, point trop n’en faut, laisse tomber ton poudrier, mets les coudes sur la table et dévore cette purée de marrons. Diane, chasse ce souci de vieillir. Regarde-moi, je te ressemble déjà, prise au filet de mes rides

Je vous attends mes enfants. Le temps laisse ses marques…

Nicolas, John et Marie, toujours en voyage je vous en voudrais si vous n’êtes pas exacts au rendez-vous. Tous ces bateaux, ces express, le TGV, un supersonique, à tourner autour de la planète, pour être en retard justement aujourd’hui, faire attendre sa mère, vous mériteriez que je disparaisse pour de bon.

Mes enfants. Je vous attends. Le temps ne va pas s’enfuir sans vous…

 

 « TIC-TAC », bruit inéluctable de cette horloge… « TOC-TOC » l’on frappe à la porte les voici, voici mes enfants !

— « non, ne faites pas entrer mes petits-enfants, je ne les supporte pas ! »

— « eh bien, petite mère, qu’est-ce que vous faites comme ça, dans le noir ? Ce n’est pas bon pour votre moral et puis faut pas veiller aussi tard, il est plus que temps de vous coucher ! Vous avez vu l’heure !? »

— « Allez bonne nuit, petite mère, et encore joyeux Noël ! Un de plus, petite mère, un de plus... »

— « Allez Ginette, dépêche-toi il nous en reste encore une douzaine à coucher »

   « Pauvre petite mère, à chaque Noël, il lui en né des nouveaux dans sa tête, ça fait une drôle de ribambelle à présent. Si au moins elle avait réussi à en avoir un, un vrai, ce serait moins triste mais elle est restée aussi stérile que son imagination est fertile. À croire qu’avoir des enfants c’est pas donné à tout le monde.

 

Trop tard, le temps perdu reste éperdu dans mes regrets...

Regarder cette horloge vous donne l'heure exacte !

 

 

 

 

 

Le banc

le 12/11/2007 à 11h10
A l'ombre de cet arbre, près de ce banc

J’attend de voir un signe, une marque,

Une chose qui me dit
Que je fais bien, que j’fais pas de bêtise

Les heures passent, les heures coulent
La nuit recouvre cet endroit

Moi, je suis là attendant de voir arriver
Celui que j’aime, habillé de liberté
J’ai peur qu’il ne vienne pas

L’ombre se rapproche est-elle pour moi
Elle flotte soulevant les bras
C’est lui le voilà...

Maryse

Celui de Isie :

c'était une photo banale, je l'avais oublié. je suis retombée sur le carton de photos, mais c'est celle là qui me brise le coeur. On avait pour habitude de prendre tous les endroits de notre vie sans nous.
et de les reprendre ensuite avec nous.

J'ai retrouvé dans cette boite des photos de rues, de table vides de café puis de tables pleines de nous des mêmes cafés, des parcs, des salles de cinéma où un film nous avait particulièrement marqué. toutes ces photos en double. avec nous, et sans nous. notre façon à nous de marquer le monde. de dire "nous étions là. nous étions vivants et nous étions là".

et puis cette photo de banc. sur les bords de la seine, près d'Yville, Cette petite ville juste avant Rouen, juste avant que le fleuve se jette dans la mer. Que le petit devienne plus grand. Le point de vue était juste superbe. La Seine était tellement calme, tellement propre…
Comme d'habitude, la photo sans nous a été prise en sépia. l'autre en couleur. Encore notre façon à nous de dire : « nous sommes heureux et en vie, nous sommes le bonheur ».

Sauf que dans ma boite à souvenir, cette photo est seule. J'ai cherché pendant longtemps, j'ai cherché encore. Son double animé de nous, son double coloré n'y était pas.

et je me suis souvenue, il y a dix ans, lorsqu'il est parti, il a pris cette photo avec lui. il a choisi celle là, parce que c'est sur ce banc que nous avions été les plus heureux. c'est sur ce banc que je lui ai appris que nous n'étions plus deux mais bientôt trois.
il est parti avec l'enfant qui n'est pas né, il ne m'a laissé que l'espace de nous sans nous. que le monde avant qu'on ne l'envahisse.
juste cette photo sans son double


Au fait celà vous a plu ?

La construction de l'histoire...

le 08/11/2007 à 11h05
Merci à cat, Maya, Isie, Fanchon et bien sur Fred d'avoir bien voulu jouer le jeu avec moi Voici ce que donne le résultat final... Rien d'extraordinaire mais avec chacune de vos phrases une histoire est née...

Juin s'effaçait au fil de nos actions, le mois tirait presque à sa fin. Des grues déracinées par nos charges explosives s'étaient inclinées dans les canaux sans jamais pouvoir se redresser, des trains avaient déraillé en roulant sur les rails que nous avions déplacés, les routes que parcouraient les convois allemands étaient barrées de pylônes électriques abattus. Mais ce n’était qu’une illusion, ces images qui défilaient devant moi, ces grues, ces trains, ces cris, ces convois allemands. Tout n’était qu’illusion, qu’une farce due à ma mémoire défaillante…  Ma mémoire - des hallucinations du passé. Il paraît que les prisonniers isolés pendant des mois sont capables de se remémorer des poèmes mot à mot, des romans entiers, ou de revoir des musées tableau par tableau. Je me mis à rêver, rêver seule chose dont-il ne pouvait me priver, je revisitais chaque chapitre de ma vie. Pourtant je me savais prisonnière, prisonnière de ces images, de ces êtres qui m’entouraient comme ces bébés gerbilles qui m’indisposait par leurs bavardages incessants, leurs curiosités insatiables, surtout un qui tournait autour de moi, me détaillant de la tête au pied. Et si je me léchais les babines (ce qui n’était pas le cas), c’est que j’avais soif. Je vous jure. Je n’essayais pas de lui faire croire que j’allais le manger.
Le problème avec les bébés gerbilles, c’est qu’ils n’ont pas le sens de l’humour !
Un convoi de bébés gerbilles ! Il ne manquait plus que ça ! J’aurai dû partir ! Etre comme cet homme libre dont Baudelaire avait écrit : homme libre toujours tu chériras la mer, la mer est ton miroir, tu contemples ton âme, dans le défoulement infini de sa lame, et ton esprit n'est qu'un gouffre moins amer. Etre libre face à mes peurs, mes doutes… ne plus être dans cette lame de fond qu’est mon esprit… Libre ! Comme cette scène dont j’avais était témoin, cet homme, cette femme, je les revois comme si je revivais cette scène au présent « Elle ouvrit la portière et s'éloigna toute en sourire. Sa silhouette disparut dans le jardin qui bordait la maison. Il reprit alors le chemin du centre ville ». J’imaginais leurs vies, deux amants qui se cachaient pour s’aimer, deux amants qui s’offrait la liberté de s’aimer à l’abri des regards de ceux qui jugent, ils se permettait le bonheur, le bonheur dans l’attente… Se séparaient pour mieux se retrouver, attendre avec délice ce moment où ils se retrouveront, ou ces deux corps affamés par la privation de cet amour se délecterons de chaque instant, se collerons l’un à l’autre pour ne vouloir plus faire qu’un. C’était pourquoi Je ne voulais pas partir en vacances cet été-là, me réveiller le matin dans une chambre d'hôtel en voyant devant moi une journée à vivre sans aucun appel de lui à attendre. Mais peut-être que cette pensée ne faisait partie qu’un bout de ma mémoire d’un instant que j’avais vécu dans une vie dont je ne reconnaissais pas tous les morceaux du puzzle, une infirmière s’approche de moi, « Je suis ou ? » lui demandais-je...


Dessine moi le bonheur

le 10/09/2006 à 17h11

IL y a six ans, j'avais une panne dans le désert du Sahara. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir , tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toutes les terres habitées. J'étais plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait:
- S'il te plaît... dessine-moi un mouton!

J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté les yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement.

Julie soupira, referma le livre, non pas aujourd’hui, elle avait lu « Le Petit Prince » pour la 4ème fois, «  dessine moi un mouton », cette phrase tournait et virait dans sa tête comme une douce valse, elle se tourna vers Jeanne. Elle était devant son chevalet, une toile blanche posée dessus, les rayons du soleil pénétrait dans la pièce à travers la grande baie vitré.

- Jeanne dessine moi le bonheur.

 

Jeanne se tourna vers Julie, elle contempla la jeune fille, au  teint pâle presque translucide, son regard fatigué, calé entre les coussins pour soulager ses douleurs. Jeanne vient s’asseoir face à Julie, lui sourit, elle contempla le livre posait sur sa poitrine, Jeanne se dit « Oh Monsieur Saint-Exupéry, si vous pouviez venir faire rêver Julie, juste le temps d’un rêve, Julie si fragile, si jeune ». Jeanne, avait la quarantaine il dégagé d’elle une force tranquille, rassurante, ses traits étaient fins, lisses comme si le temps n’avait aucune prise sur elle, Jeanne, l’amie, la confidente, la tendresse, la patience, Jeanne l’infirmière et « à ses heures perdues » la magicienne des couleurs…

 

- Le bonheur Julie ?

- Le bonheur c’est quoi pour toi Jeanne ? Dessine moi ton bonheur

 

Jeanne ferma les yeux, son bonheur à elle, elle avait appris avec le temps qu’il n’était fait que de tout petit rien, qu’il fallait l’apprivoiser, le bonheur était dans l’instant présent seulement dans l’instant présent, elle rouvrit les yeux, regarda Julie.

 -      Je vais te dessiner le bonheur, ferme les yeux et écoute, écoute juste et tu verras le bonheur se dessinait.

 

Une musique de Norah Jones s’éleva dans la pièce, Julie se laissa transporter par la mélodie et vit les couleurs du bonheur ...

Pour voir les couleurs du bonheur de Jeanne cliquez


 

Julie s'endormie, elle ne sentait plus ce corps si douloureux, elle se sentait légère, heureuse, et dans un souffle elle dit :

- Au-revoir Jeanne, il est beau votre bonheur, merci, je vous attendrais...


 

"La vie n'est qu'un immense rire de sagesse. il ressemble parfois aux cris, aux pleurs, parfois aux larmes ou à la douleur, mais ne t'y trompe pas, toi qui es sage, la vie n'est qu'un long rire, le reste n'est qu'apparence et tromperie"

Charif Barzouk

 

L'ange du silence

le 06/09/2006 à 12h56

Ils étaient allongés l’un contre l’autre dans la douceur de la nuit, elle avait posé sa tête au creux de son épaule, elle aimait sentir sa respiration, il aimait l’odeur de miel de ses cheveux.


Elle se serra plus fort contre lui, il l’enlaça son corps plus fort.


Ils regardaient le ciel illuminé par des milliers d’étoiles, « voûte céleste » avaient-ils lus dans un livre…


Elle : Tu penses que les étoiles ne sont que de simples planètes ?


Lui : Non ce sont des milliers de lumières, regarde la plus grosse, la tu la vois ?


Elle : Oui l’étoile du berger, celle qui nous guide, elle brille plus que les autres pour nous montrer le chemin.


Lui : tu vois elles sont des lumières qui nous éclaire, elles nous montre les obstacles, nous aide à les contourner, quand nous sommes dans la nuit ce sont nos guides


Elle : Comme des anges ?


Il sourit, il aimait sa voix enfantine qu’elle prenait quand elle s’émerveillait devant tout ce que la nature lui offrait, elle avait gardé un regard d’enfant, et des milliers d’étoiles brillaient dans ses yeux et ses étoiles le guidait dans son amour pour elle.


Elle : Tu connais l’ange du silence ?


Lui : non.


Elle : quand le bébé vient au monde il connaît tout.


Lui : tout ?


Elle : oui tout, d’où l’on vient, ou l’on va, tout sur les étoiles, tout sur l’univers, il sait pourquoi le monde est monde.


Lui :…


Elle : Alors au moment ou il va tout révéler, un ange apparaît et il lui pose un doigt sur le bouche.


Lui : alors quand nous sommes nés nous aussi nous savions…


Elle se redressa, posa sa tête sur sa main le coude posé au sol, elle le regarda, elle l’aimait tellement, si fort.


Elle : Oui, et elle lui posa le doigt sur sa bouche, tu vois la marque entre ton nez et tes lèvres ?


C’est la marque de l’ange du silence.


Il lui sourit, embrassa son doigt, il aimait tellement, si fort. Il aimait un ange

SEATTLE

le 06/08/2005 à 22h29
Je n'ai pas voulu me faire porte parole d'un peuple par la lettre de ce chef indien Seattle, qui pourrait d'ailleurs à part eux memes, cette lettre écrite par lui fait de cet homme un écologiste bien avant l'heure. Il ne pouvait comprendre que l'on puisse acheter une terre car si j'ai bien suivi sa pensée et seulement sa pensée à lui, c'est l'etre humain qui appartient à la terre et non son contraire. pour lui le mot "liberté" avait un autre sens.
D'après certains chercheurs Seattle serait né en 1786 à Blake Island, petite ile au sud de Braindidge Island, pendant les terribles épidémies, héritages des pionniers blancs qu'anéantissaient les populations indigènes.
A l'age de 20-25 ans il fut nommé chef de 6 tribus, titre qui lui fut reconnu j'usqu'à sa mort.
Il est connu en particulier pour son discours de 1854 lors de négociations avec le gouvernement des Etats Unis, dans lequel il exprimait son refus de vendre(d'ou la lettre).
Il est le signataire avec d'autres chefs indiens, du traité de paix de Point Elliot Mulkito que cédait 2,5 millions d'acres de terre au gouvernement des Etats Unis et délimitait le territoire d'une réseve pour les Suquamish.

Je vous livre ici ce texte inspiré d'un chant folklorique des Indiens des Plaines aux USA, il donne les huit positions humaines que chacun de nous porte en lui :

L'arbre en fleurs

La femme en toi
L'homme en moi
                      ensemble
Somme au moins quatre partenaires dans notre relation amoureuse

La petite fille en toi
Le petit garçon en moi
En ajoutent au moins deux
A notre célébration de la vie

Le vieil homme en moi
La vieille femme en portent à huit
Le nombre de nos amants
                                    ensemble

Nous remplissons d'amour l'infini de l'univers

L'Abbé Pierre

le 05/08/2005 à 01h29
Je ne pouvais rester sans parler de l'Abbé Pierre dont j'ai une profonde admiration comme beaucoup certainement.
Né en 1912 à Lyon ce petit curé de campagne cré durant la résistance les "chiffonniers d'Emmaus. Pendant le dur hiver 1955 il se fait chevalier pour la défense des sans logis, bataille qu'il continu de mener avec acharnement encore aujourd'hui.
Il aurait pu precher dans sa chair à parler du péché de chair, il aurait pu faire des discours avec des paroles d'évangile, il a préféré tendre sa main a ceux du quart-monde, enfant de la misère ce capucin sait que la misère n'est pas à vendre.
A un compagnon qui lui demandait "Dieu qu'est ce que c'est ?
Il répondit :
"Rappelle toi ce jour ou l'on a dépanné les petits vieux, on en avait bavé mais après on était heureux! A ce moment là, tu recevais le don le plus merveilleux qui pouvait exister : le don de la sagesse...
"Meme le Dimanche, la messe n'a de sens, si le malheureux n'a pas de maison...

Le Général Booth  dit "On annonce pas l'évangile à un homme qui à les pieds mouillés"
Phrase O combien vrai

Les communautés Emmaus sont implantés par centaines dans 37 pays dont la France en regroupe 110

Ardent défenseur des droits de l'homme et de celui du logement, l'Abbé Pierre est une personnalité des plus aimés de cette fin de siècle

"Tant qu'il existera la misère, aussi longtemps que régnera l'exclusion, nous ne connaitrons, ni la paix de l'ame, ni la paix, ni la joie du coeur."

En fin je vous livre en conclusion le blog qu'il a créer, et oui, vous pouvez y laissez vos commentaires :

        http://www.Abbé Pierre.fr/

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