lui, moi, nous.

poème

La reine

le 26/02/2008 à 11h18
La Reine est morte ce soir là
seule au milieu de ses draps
elle a laissé son souffle s'envoler
pour toujours

la Reine est morte ce soir là
seule, elle l'a voulu ainsi
son coeur s'est arrêté
pour toujours

la Reine est morte ce soir là
parée de ses plus beaux atours
elle a fermé ses yeux brutalement
presque de force
pour toujours

la Reine est morte ce soir là
personne n'y a rien pu
elle l'a décidé comme ça
quand ses jours sont devenus trop vides
quand ses nuits sont devenues trop longues
pour toujours

la Reine est morte ce soir là
seule avec son trésor
elle l'a enfoui au plus profond de son coeur
elle l'a recouvert de son sang
elle a posé sa main dessus
et elle a pressé...........

la Reine est morte ce soir là
rien ni personne n'a pu l'empêcher
rien ni personne n'a pu savoir
que la Reine ce soir là
avait décidé de mourir
seule
si seule..........

les cloches se sont mises à sonner
le peuple de l'ombre à pleurer
la tombe n'est pas marqué
pas d'épitaphe, pas de nom
une seule phrase

la Reine est morte ce soir là....

L'homme et son image

le 15/02/2008 à 20h19

Un Homme qui s’aimait sans avoir de rivaux
Passait dans son esprit pour le plus beau du monde :
Il accusait toujours les miroirs d’être faux,
Vivant plus que content dans son erreur profonde.
Afin de le guérir, le Sort officieux
Présentait partout à ses yeux
Les conseillers muets dont se servent nos Dames ;
Miroirs dans les logis, miroirs chez les Marchands,
Miroirs aux poches des Galands,
Miroirs aux ceintures des femmes.
Que fait notre Narcisse ?
Il se va confiner
Aux lieux les plus cachés qu’il peut s’imaginer,
N’osant plus des miroirs éprouver l’aventure.
Mais un canal, formé par une source pure,
Se trouve en ces lieux écartés :
Il s’y voit, il se fâche ; et ses yeux irrités
Pensent apercevoir une chimère vaine.
Il fait tout ce qu’il peut pour éviter cette eau.
Mais quoi, le canal est si beau
Qu’il ne le quitte qu’avec peine.
On voit bien où je veux venir :
Je parle à tous ; et cette erreur extrême
Est un mal que chacun se plaît d’entretenir.
Notre âme c’est cet Homme amoureux de lui-même ;
Tant de miroirs, ce sont les sottises d’autrui,
Miroirs, de nos défauts les peintres légitimes ;
Et quant au canal, c’est celui
Que chacun sait, le livre des Maximes.

Jean de la Fontaine

La danseuse de flamenco

le 19/11/2007 à 12h07

J'ai vu la danseuse de voyage
Crucifier un Flamenco
Et la croix de ses bras
Embraser l'invisible
Et ses rêves d'histoires
En drapé d'espoirs
S'étendre à mes pieds

Je l'ai vu son corps
Assoiffé d'inconnu
Brûler les savoirs
Et son torse nu
Armé de son âme
M'entraîner, impie,
Dans ses affres d'effroi

Je l'ai vu son regard
Diamant jusqu'au noir
Briser les miroirs
Et ses larmes acérées
De rire ou de mort
Arracher mes iris d'un regard putréfié

Je l'ai vu déchirer les bibles
Bâillonner ses mots
Qui parlaient de l'après
Puis frapper de ses pas
L'ombre enchaînée
Qui rampait en esclave

Ne laissant au silence
Que l'unique résonance
D'encores étouffés

Ne laissant au silence
Que l'unique résonance
D'une écume enclavée.

Marc Heddebaux

L'ami pierrot

le 18/10/2007 à 11h29
Mon ami Pierrot,
au plus clair de la lune,
Cette lune qui pleure ses perles noires
sur ton masque.

Mon ami Pierrot,
Crains-tu de montrer qui se cache sous ce masque ?
Mon Ami Pierrot as tu peur ?
Crains-tu que la joie ne soit qu'un leurre ?


Bal masqué ou des ombres tournoient
Je m’étais masquée en Colombine…
Te souviens-tu mon ami Pierrot ?

Les crayons de la vie
Sous nos caches blancs
Avaient plus fière allure.

Mon Ami Pierrot
Il y avait tant d’étoiles dans nos yeux
Là où le masque était troué.

Nous fallait-il retrouver
L’essentiel d’un regard ?

Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot
Enlevons nos masques
Et prenons la plume
Pour écrire la vie.

Au fil de la mémoire

le 26/10/2006 à 20h09
La parole est un pont
qui permet aux êtres humains
de communiquer.
La mémoire est un pont
entre le présent
et le passé.

La rivière de la vie
grossie par les orages du temps,
détruit peu à peu les ponts
de la mémoire et de la communication.
Chaque jour, il faut les reconstruire.
Chaque pierre est un mot
chaque brique un souvenir,
que faire lorsqu'on ne trouve plus
les pierres ni les briques ?
Ce n'est qu'avec l'aide des autres,
qu'on peut essayer de les récupérer une à une,
reconstruire encore et encore,
et cela,
envers et contre toutes les intempéries.

tu seras un homme mon fils

le 15/09/2006 à 23h52
Dans les moments difficiles ce poème de Kipling m'a tenu debout, je l'ai lu souvent comme une prière, je l'ai lu avec mes larmes, ce poème de Kipling adressé à son fils, dans ces moments ou je me trouvais à genoux je me suis imaginée que ce poème m'était adressée, ce poème je le partage avec vous, beaucoup d'entre vous le connaissent certainement, mais ce soir j'avais envie...


Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir, Si tu peux être amant sans être fou d’amour ; Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles, Sans mentir toi-même d’un mot ; Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frères, Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître, Sans jamais devenir sceptique ou destructeur Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître, Penser, sans n’être qu’un penseur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu peux être bon, si tu sais être sage, Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront ; Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard KIPLING


Mon bel ami

le 21/07/2006 à 15h49

Mon bel Ami,


 


Je me suis réveillée vous cherchant près de moi, la place vide me rappela bien vite votre absence.


Jour après jour cet éloignement est une torture pour mon âme, je lis et relis votre dernière missive, m’accrochant à ces doux mots comme «  mon ange » ; « ma douce » ; à votre manque de moi.


Veuillez me pardonner mon bel ami de laisser s’accroître cette douleur et de ne pas être plus forte face à cet absence.


Le soir tombe et je m’en vais dire au vent ces doux mots murmurés, dire aux étoiles d’envoyer vers vous les baisers les plus tendres, dire à la lune de briller sur votre chemin pour qu’il vous ramène vers moi.


Et si je ferme les yeux  je vois votre sourire, vos yeux aimants, je peux sentir vos bras m’enlacer. Oh mon bel ami, combien de temps encore dois-je souffrir du manque de votre présence ?


A la fin de ce jour épuisé par mes larmes,  je m’endors laissant mon âme s’élancer vers vous et me permettre le temps d’un songe d’être de nouveau à vous.


Vous voici mon bel ami…vous dire enfin mon bel ami « je vous aime », je me laisse bercer par la douceur de votre étreinte, et je souffle au vent tous ces mots murmurés à l’amour.


 


                                                                  Maryse, Juillet 2006

Ma mémoire

le 20/03/2006 à 19h12
Des paroles empruntés à Jeanne Moreau "du toubillon de la vie" la comme ça elles m'ont inpiré ce petit texte.

On s’est vu, on s’est reconnu

 

On s’est aimé, on s’est touché, on s’est embrassé, on s’est construit des souvenirs, fait de rires et de larmes, on s’est fait des serments en se jurant pour le meilleur et pour le pire.

 

On s’est vu, on s’est reconnu, je t’ai perdu de vue

 

Je t’ai perdu dans le brouillard de ma mémoire…

 

Tu t’es rapproché tu as voulu me réchauffer, il y avait ce sourire si curieux, cette voix si douce, cette main si tendre, il y a  ces larmes dans ton regard, ta voix qui tremble.

 

Tu m’as vu, tu m’as reconnu, je t’ai perdu de vue dans le brouillard de ma mémoire.

 

J’ai répondu « oui » à chacune de tes questions pour que tu ne pleures plus, mais j’ai oublié tes questions, tu m’as parlé d’un serment et tu m’as fait une promesse, j’ai oublié.

 

Je t’ai vu, je ne t’ai pas reconnu, je t’ai vu partir le dos courbé par le chagrin, et ce dos est revenu dans le brouillard de ma mémoire tu t’ai retourné vers moi, ce sourire si curieux oui, cette main oui, cette voix oui, je sais que je t’ai connu au fond de ma mémoire, mais je ne sais plus quand, je t’ai perdu de vue dans le brouillard de ma mémoire…

 

Mais pourtant je me souviens d’un jeune homme près de moi qui m’a fait un serment celui de m’aimer toujours dans la joie comme dans la maladie. Tiens qu’est-ce qu’il est devenu ce jeune homme ?


Les mots

le 04/09/2005 à 02h27

Les mots sont
Tels des papillons, voletant de fleur en fleur
Inpirations éphèmeres
Vite remplacées d'un simple battement d'ailes
Se laissant emporter par le vent
Voyageant dans d'autres sphères
Gisant épuisés tel un papillon
Après un long périple
se réchauffant sous le soleil d'une autre plume

A toi

le 21/08/2005 à 02h29

J'ai tant de plaisir à te donner
Pour tous ces désirs revés
Vivre pour enfin me réaliser
Emplir ton coeur d'un amour emflmmé
Voir dans tes yeux ces étoiles briller
Une vie souvent boulversée
Par tant de bonheur apporté

De caresses longues et tendres
De mes mains, de ma bouche
Roi tu seras à cet instant supreme
Aux délices de te sentir vibrer

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